Non classé

Pour un design collectif et local

Posted by Julien De Sanctis Julien De Sanctis on
Pour un design collectif et local

La robotique sociale (RS) et, plus largement, l’intelligence artificielle (IA) sont des enjeux à la portée trop universelle pour être abandonnés à une logique de conception oligarchique et purement technocratique. L’acceptabilité sociale authentique d’une technologie consiste à la faire émerger du social lui-même, c’est-à-dire du collectif, et non à l’y intégrer a posteriori par des pratiques plus ou moins contraignantes et plus ou moins voilées (citons simplement les effets d’adoption par la pression sociale). En d’autres termes, IA et RS doivent émaner de la société. Nous pensons que le design collectif permet d’œuvrer pour une acceptabilité sociale authentique des artefacts.

Non classé

Vivre avec l’IA : la nécessité de l’interaction transparente

Posted by Julien De Sanctis Julien De Sanctis on
Vivre avec l’IA : la nécessité de l’interaction transparente

L’acceptabilité sociale de l’IA est un défi dont les acteurs politiques et économiques doivent s’emparer sans complaisance ni demi-mesures. Attention toutefois aux contresens : elle ne consiste pas à faire accepter, par des pratiques manipulatoires, une technologie donnée aux citoyens ; mais bien au contraire à développer cette technologie à partir du social lui-même. En d’autres termes, l’acceptabilité sociale ne doit pas chercher à faire rentrer la technologie dans le social mais le social dans la technique.
L’IA est aujourd’hui loin de remplir toutes les conditions nécessaires à cette acceptation. Cela s’explique notamment par son opacité et son caractère « éthérée ». Concevoir des IA socialement approuvées suppose 1) de les rendre interactives, 2) universellement accessibles, 3) transparentes et 4) d’assurer un contrôle permanent sur leur devenir qui ne soit pas simplement technique mais aussi éthique.

Reflections

Du face-à-face au vis-à-vis : quand la visagéité vient aux machines

Posted by Julien De Sanctis Julien De Sanctis on
Du face-à-face au vis-à-vis : quand la visagéité vient aux machines

Organe social par excellence, le visage est souvent associé à une caractéristique proprement humaine. Les autres animaux ne seraient pas en mesure d’afficher une complexité physionomique suffisante pour passer de la simple face/figure au visage. Les roboticiens, quant à eux, ne disposeraient pas des techniques nécessaires au dépassement de la fameuse « vallée de l’étrange » pour en-visager leurs créatures. Cela n’empêche pas les robots humanoïdes figurés de voir le jour. Mais qu’est-ce qu’un visage ? L’a-t-on réellement cerné lorsque, en accord avec son acception classique, on le définit comme la « partie antérieure de la tête d’un être humain, limitée par les cheveux, les oreilles, le dessus du menton » ? Est-il plus satisfaisant d’ajouter à cette caractérisation très spatiale des éléments topographiques incontournables comme les yeux, le nez, la bouche, les joues et le front ?  Le visage ne serait-il alors qu’une collection de « composants » dont l’assemblage permettrait de faire visage ? Dans la première partie de cet article, nous nous attachons à définir phénoménologiquement le visage, c’est-à-dire à décrire les effets qu’il provoque. Nous verrons que l’effet de visage est profondément social(isant). Dans la seconde partie, nous montrerons comment et pourquoi l’entreprise SPooN Artificial Creatures traduit concrètement cette philosophie du visage dans sa créature artificielle. Enfin, dans la dernière partie, nous interrogerons le Visage métaphysique au-delà du visage phénoménal, celui où Levinas « place » la rencontre authentique avec Autrui, un Visage imperceptible exprimant la véritable altérité sur le mode de la vulnérabilité. Nous questionnerons le sens que cette phénoménologie particulière peut avoir lors d’une interaction avec un robot social : un robot peut-il exprimer un Visage au sens lévinassien, c’est-à-dire une Altérité qui nous oblige envers lui ? Ou faut-il explorer d’autres significations de la visagéité artefactuelle ?

Reflections

Réflexions sur les relations humain-artefact : sommes-nous déjà des cyborgs ?

Posted by Julien De Sanctis Julien De Sanctis on
« Nous sommes déjà des cyborgs. Votre téléphone ou votre ordinateur sont des extensions de vous-même, mais vous utilisez vos doigts ou la parole comme interface. C’est très lent. », déclarait Elon Musk à une journaliste de Vanity Fair en février dernier pour introduire (et banaliser ?) Neuralink, une entreprise dont l’ambition est d’augmenter le cerveau humain -trop humain- en l’hybridant avec des implants neuronaux. L’accroissement spectaculaire des capacités cognitives qui résulteraient d’une telle manipulation, permettrait à l’humain de ne pas être menacé par l’essor potentiel d’une intelligence artificielle hostile. Selon le nouveau héraut de l’humanisme 180.0, le meilleur moyen de se prémunir d’une éventuelle volonté dominatrice de cet ennemi éthéré, n’est autre que de fusionner avec lui ! Au célèbre : « Sois proche de tes amis, et encore plus proche de tes ennemis », Musk pourrait répondre : « Non ! Incarne ton ennemi. »