Reflections

Du face-à-face au vis-à-vis : quand la visagéité vient aux machines

Posted by Julien De Sanctis Julien De Sanctis on
Du face-à-face au vis-à-vis : quand la visagéité vient aux machines

Prélude – Aesthesis

Le visage exprime-t-il le je ? le tu ? le il ? Supporte-t-il la pluralité pour devenir nous ou vous ? Mon visage est-il bien mon visage alors qu’il s’offre à tous, sauf à moi ? Que tous le voient, le scrutent, le sculptent indéfiniment et sans relâche… Le visage est exposition. Objet public numéro 1, courageux et vulnérable, il incarne la préséance des relations sur le front de l’existence. Je suis certes chair, mais sans autrui, je ne suis que chair. Autrui est le pygmalion désintéressé du visage ; il le fonde et le reflète. Autrui est le miroir primordial où viennent rebondir les saillances individuelles, un retour à l’envoyeur permanent qui irrigue ma conscience d’un flux infini d’informations, et lui permet de s’épanouir dans l’ici-bas rayonnant. Le visage est réflexion de soi dans l’autre et de l’autre en soi. Il est la trace du passage d’autrui en moi, la preuve de mon irréductible besoin de l’autre pour être moi. Mais autrui a et est toujours lui aussi un visage… La visagéité, s’enracine dans la valse des visages, elle émerge dans le face-à-face qu’elle transmue en vis-à-vis. Sans l’épreuve de l’altérité, il n’y a que des faces, collections charnelles inanimées et anonymes. La douce violence de la rencontre arrache le visage à sa torpeur faciale, elle l’éveille à lui-même, l’accueille dans le monde en le marquant du sceau ardent de la relation. La rencontre est première, elle est l’étincelle rémanente du choc entre les faces qui libère les visages. Cette libération créatrice déverse la visagéité à même le monde, et révèle, imperceptiblement, sa source torrentielle. La vérité du Lien ne connait pas d’hiver, simplement des éclipses.

Reflections

Réflexions sur les relations humain-artefact : sommes-nous déjà des cyborgs ?

Posted by Julien De Sanctis Julien De Sanctis on
« Nous sommes déjà des cyborgs. Votre téléphone ou votre ordinateur sont des extensions de vous-même, mais vous utilisez vos doigts ou la parole comme interface. C’est très lent. », déclarait Elon Musk à une journaliste de Vanity Fair en février dernier pour introduire (et banaliser ?) Neuralink, une entreprise dont l’ambition est d’augmenter le cerveau humain -trop humain- en l’hybridant avec des implants neuronaux. L’accroissement spectaculaire des capacités cognitives qui résulteraient d’une telle manipulation, permettrait à l’humain de ne pas être menacé par l’essor potentiel d’une intelligence artificielle hostile. Selon le nouveau héraut de l’humanisme 180.0, le meilleur moyen de se prémunir d’une éventuelle volonté dominatrice de cet ennemi éthéré, n’est autre que de fusionner avec lui ! Au célèbre : « Sois proche de tes amis, et encore plus proche de tes ennemis », Musk pourrait répondre : « Non ! Incarne ton ennemi. »